Portraits VR - Pole emploi et la simulation d'entretiens VR

Mis à jour : 29 mai 2019


Bienvenue dans le premier article de notre dossier “Portraits VR” - une série d’articles dans lesquels nous présentons des précurseurs qui explorent l’usage de la Réalité Virtuelle dans leurs entreprises respectives, et qui ont fait le choix d’un cas d’usage bien particulier.


Cette semaine, nous rencontrons Aurélie Divaré, chargée de projet chez Pôle Emploi, qui travaille sur des services basés sur la réalité virtuelle. Attardons nous tout de suite sur une initiative que Pôle emploi a développé, une application mobile disponible pour tous les demandeurs d’emploi, qui permet, en VR, de simuler un entretien d’embauche.

Simuler la rencontre avec un recruteur virtuel


L’application, développée avec Manzalab et mise à disposition en téléchargement libre sur le site Emploi Store de Pôle Emploi, se veut simple et intuitive dans son fonctionnement : l’utilisateur la télécharge sur le store en ligne, puis est invité à utiliser un casque de VR ou un Google cardboard pour faire face à un recruteur virtuel avec qui il passe un entretien d’embauche. À la fin de la simulation, le recruteur virtuel effectue un débrief de l’entretien et donne des axes d’amélioration au candidat, qui peut réitérer l’expérience à volonté.


Le programme bénéficie de deux grands avantages par rapport à une simulation d’entretien “réelle” :

  • le programme a été développé de manière à proposer un vaste nombre de scénarios d’entretiens différents, et chaque candidat peut utiliser la fonction “replay” autant qu’il ou elle le souhaite.

  • cette disposition permet de mettre en lumière les axes d’amélioration et de donner aux candidats l’opportunité de travailler sur ces axes à leur rythme, sans pression ou stress causé par des facteurs extérieurs. Un atout d’autant plus utile que les scénarii ont été travaillés avec des experts métier de Pôle Emploi, en particulier pour le feedback donné à chaque utilisateur.


Le simulateur d’entretien d’embauche de Pôle Emploi - crédits : Manzalab


Le service a été déployé dans deux régions (Pays de la Loire et Guadeloupe) pour être testé dans le cadre d’ateliers, et les agences ont été équipées de cardboards. Un moment ludique et immersif pour les demandeurs d’emploi.

“Cette expérimentation est récente, nous mesurons la satisfaction des utilisateurs, le déroulement des ateliers, la technologie et la pédagogie. Les premiers retour d’expérience tendent à montrer de la satisfaction de la part des utilisateurs. L’intérêt certain que nous y voyons est que la réalité virtuelle permet le droit à l’erreur. On peut rejouer autant qu’on le souhaite pour se mettre en confiance et c’est ce qui change la donne pour nos utilisateurs”, déclare Aurélie Divaré.


L’enjeu des soft skills


La VR a le potentiel d’aller au-delà de la simulation réussie d’un entretien d’embauche pour les demandeurs d’emploi : de par sa nature immersive, elle plonge les utilisateurs dans un univers qui ressemble de très près au réel, permettant ainsi de créer un environnement sécurisé dans lequel chacun est libre de tester, de prendre des “risques”, d’explorer librement, et de travailler ainsi à leur guise savoirs-être professionnels (soft skills) : la prise de parole en public, la négociation, la force de conviction, le leadership, … toutes ces compétences peuvent être travaillées et développées dans un environnement virtuel conçu dans cet objectif. Et c’est un enjeu de taille, si l’on en croit les dernières études dont dispose Pôle Emploi.


“Tout dépend bien sûr des métiers, mais on observe que les recruteurs s’attardent de plus en plus sur le savoir être professionnel”, commente Aurélie Divaré. “une étude complémentaire à notre enquête sur les besoins en main d’œuvre 2017 a montré que 60% des recruteurs en entreprise privilégient les “savoir-être professionnels” aux compétences techniques”.

La nécessité de développer des soft skills tout au long de son parcours professionnel est un sujet de fond, comme le confirment un grand nombre d’études, dont celle de l’OCDE, qui conclut : “De nombreuses compétences peuvent être développées au cours de la vie professionnelle, et ces compétences devraient être intégrées dans des politiques d’apprentissage tout au long de la vie. Même si les soft skills de chacun se développement naturellement par la pratique sur son lieu de travail, les employeurs peuvent stimuler leur développement en offrant des programmes de formation qui se concentrent sur des compétences comme la communication verbale et le leadership.”1


La responsabilité de proposer aux collaborateurs des moyens innovants de développer leurs compétences tout au long de leur carrière s’intègre ainsi progressivement dans les politiques RH des entreprises, et les besoins en termes de formation et de recrutement évoluent avec cette tendance.


Recruter dans un univers virtuel


Au-delà de la formation, la nécessité d’innover et d’adapter les modalités de recrutement aux attentes des entreprises est aussi de plus en plus forte. C’est un sujet sur lequel se penchent également Aurélie Divaré et les équipes Pôle Emploi.

“Nous avons travaillé sur un POC (proof of concept) qui a permis de faire découvrir le métier d’employé libre-service. Celui-ci a eu des retours positifs et a été bien reçu. Nous avons maintenant pour objectif de développer d’autres services, sur d’autres métiers en tension (connaissant des difficultés de recrutement)”, explique-t-elle.

L’enjeu des prochains services ? Faire découvrir des métiers, évaluer des compétences et détecter des habiletés.

“Par exemple pour la détection des habiletés il s’agira de mettre plusieurs demandeurs d’emploi en situation, de les évaluer sur certaines habiletés, et de les recruter sans CV. Nous avons des agences spécialisées dans cette pratique, mais pour l’instant ces sessions nécessitent une plus grande logistique”, précise Aurélie Divaré

Se former et se faire recruter grâce à la VR n’est donc plus une utopie, mais une réalité bien tangible qui commence doucement à aider de nombreux demandeurs d’emploi dans leur reconversion professionnelle ou le développement de compétences qui les aideront à travailler leur employabilité. “Ce que l’on voulait confirmer avec cette expérimentation, c’était que la VR pouvait vraiment s’appliquer dans notre domaine professionnel de l’emploi” conclut Aurélie Vigaret.

Pour en savoir plus sur la formation en réalité virtuelle et les opportunités qu’elle ouvre pour le développement de nouvelles compétences, rendez-vous au Pavillon !




Sources :


1 https://oecdskillsandwork.wordpress.com/2016/06/17/soft-skills-for-the-future/



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