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La réalité virtuelle à la conquête de la formation - travailler ses soft skills (Partie 2)

Mis à jour : 13 mai 2019


Travailler ses connaissances et ses “soft skills” dans un environnement virtuel


L’utilisation de la VR pour réduire les coûts d’infrastructure liés à la formation et pour passer plus rapidement à l’échelle est une chose, mais elle ne représente que la partie immergée de l’iceberg des opportunités qu’offre cette technologie en termes d’expérience apprenante.


C’est ce que pressentent Julien Ricard, responsable de l’académie Bouygues Telecom, et son équipe. “Après avoir étudié ce que la VR pouvait apporter à nos dispositifs d’apprentissage, nous avons décidé de concevoir un POC (Proof Of Concept) avec un partenaire externe. Nous souhaitons tester cette modalité d’apprentissage à la fois en formation d’intégration, pour valider la compréhension des concepts et également en recyclage sur le terrain”, explique-t-il. “Nous n’abordons pas la VR comme un gadget à la mode”, continue Julien Ricard, “avant de lancer cette initiative, nous nous sommes demandé comment utiliser cette technologie pour créer une situation pédagogique plus impactante du point de vue collaborateur, plus efficiente que du présentiel ou un dispositif e-learning pour son déploiement, et également utile pour mesurer et comparer la performance de chaque apprenant de manière objective, en l’intégrant dans notre écosystème de mesure de la performance formation."


Recréer des situations plus vraies que nature, mais dont tous les paramètres sont contrôlés pour s’adapter aux réactions de l’apprenant et lui faire du feedback en temps réel, d’une part. Pouvoir mesurer de manière objective, en fonction d’un étalon standard, les performances de chaque individu formé, d’autre part. C’est la promesse du programme Pitchboy : un outil de formation à la vente et à la relation client en réalité virtuelle. Le programme permet aux apprenants de se confronter (par exemple) à un acheteur potentiel, de s’entraîner à la vente, en tentant de convaincre leur interlocuteur virtuel, et au final d’être évalués individuellement. Cette dimension de mesure de la performance mais également le droit pour l’apprenant à l’erreur (puisque le masque autorise un entrainement autant de fois que le besoin s’en fait ressentir), confère à la réalité virtuelle un fort avantage sur le réel.


Aux Etats-Unis, on explore les leviers de l’empathie dans le secteur de la distribution


L’usage de la réalité virtuelle aux Etats-Unis est bien plus développé qu’en Europe, et cette avance sur le sujet prise par les entreprises américaines est parfaitement illustrée par le cas du géant de la distribution Walmart. L’entreprise, plus grand employeur privé au monde, a fait couler beaucoup d’encre en Septembre dernier, en annonçant l’acquisition de 17,000 masques de VR pour former 1 million de salariés en 2019 aux Etats-Unis.


Derrière cette annonce fracassante, une stratégie bien pensée et mesurée  : Walmart a développé près de 45 modules de formation conçus pour donner à chaque employé une expérience plus vraie que nature de situations bien identifiées et difficiles à reproduire dans un magasin en temps réel, comme par exemple la gestion des flux de clients en magasin lors de la fameuse journée du “Black Friday”, la journée la plus chargée de l’année.


L’atout majeur de la réalité virtuelle est sa capacité à rendre l’apprentissage expérientiel

C'est ce qu'affirme Andy Trainor, directeur des académies américaines de Walmart, dans un article publié récemment sur le blog de l’entreprise. “Lorsque vous regardez un module dans votre masque, votre cerveau réagit comme si vous aviez vécu une situation. Nous avons également constaté que la formation en réalité virtuelle renforce la confiance et la rétention, tout en améliorant les résultats aux tests de 10 à 15%.»


C’est en s’appuyant sur cette dimension expérientielle que Walmart compte former ses collaborateurs non seulement aux routines et aux règles de conformité, mais également à toute une palette de “soft skills”, notamment l’empathie et le support client - deux attributs essentiels pour aider l’entreprise à affirmer son leadership sur un marché sous forte pression.


Comment chaque entreprise peut-elle s’approprier la réalité virtuelle de manière pertinente ?


“Je crois énormément dans les bienfaits de l’apprentissage immersif  : je deviens de plus en plus convaincue que l’on doit traiter le learning de manière holistique : délivrer une “mind, body and heart experience” (coeur - tête - main).”, partage Rhonda Bernard, directrice du Learning et Talent Management EMEA pour une entreprise dans l’industrie de la beauté. “L’enjeu à venir sera de savoir lier chaque programme d’apprentissage en VR à un objectif pédagogique, mais aussi faire le lien avec les activités des apprenants dans leur quotidien, pour s’assurer que l’expérience virtuelle a un véritable écho dans leur quotidien.”


La capacité à parfaitement exploiter le potentiel de la réalité virtuelle pour la formation n’est pas, ou n’est plus, le fait d’un(e) champion(ne) qui au sein de l’entreprise va développer un POC dans son coin. L’exemple de Walmart nous montre que le tandem VR + formation a des répercussions sur la stratégie RH, et son impact va jusqu’au niveau du Comex. Dans ce contexte, il est impératif que toutes les parties prenantes aient un même niveau de compréhension, de connaissances et d’expérimentation de la VR. C’est ce socle culturel commun qui permet à la VR de servir de tremplin à la formation”

C'est l'idée que partage Bertrand Wolff, co-fondateur du Pavillon, un lieu dédié aux usages AR et VR pour les entreprises à Paris. À chaque entreprise donc de savoir identifier les faiblesses de ses programmes de formation ou les nouveaux besoins de ses apprenants (temps passé à apprendre, volume des programmes, complexité des formations,...), pour jauger de l’efficacité de la réalité virtuelle, qui peut venir enrichir drastiquement certains aspects de l’expérience apprenante des collaborateurs.


“Au-delà de l’amélioration de l’existant, la VR ouvre des portes, et permet d’inventer des modalités pédagogiques nouvelles en modifiant le rapport entre l’apprenant, l’environnement, et le formateur”, complète Bertrand.


Cet article est apparu initialement dans la cinquième édition du MagRH : https://www.reconquete-rh.org/MagRH5.pdf

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