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La réalité virtuelle à la conquête de la formation - créer des environnements immersifs (Partie 1)

Mis à jour : 24 mai 2019


Podcasts, mobile learning, MOOCs, apps, sessions de coaching, serious games, … les formats et les méthodes d’apprentissage au service de la stratégie de formation des entreprises sont nombreux.


L’une des dernières arrivantes sur le devant de cette scène bien remplie, la réalité virtuelle (VR), commence à faire parler d’elle dans les académies digitales et les learning labs. Pourtant, la VR n’a rien de nouveau - la technologie existe depuis les années  60, mais a longtemps été cantonnée aux domaines de la recherche, de l’aéronautique, des arts et du jeu. Quels sont les moteurs de son apparition plus ou moins récente dans le paysage de la formation  ? Quel usage est-il fait de la VR dans les entreprises aujourd’hui, et sous quelles modalités  ? Quel potentiel ce média immersif apporte-t-il par rapport aux autres technologies actuelles ?


Une efficacité opérationnelle accrue par la réalité virtuelle


Certains grands groupes tirent parti des technologies immersives dans un souci d’optimisation de leurs activités de formation, pour permettre aux apprenants d’intégrer des concepts plus efficacement, mais également pour remplacer des sessions en présentiel parfois coûteuses et compliquées à mettre en place.


« Nous avons commencé à nous intéresser à la VR en 2014 », raconte Denis Clément, Responsable du développement de la digitalisation et innovation au sein de la formation Air France industrie. « Cette année-là, nous devions former tout notre personnel technique à un nouvel avion qui rejoignait notre flotte, le 787, mais l’avion n’était pas encore arrivé, impossible donc de former le personnel  ! C’était une situation d’autant plus compliquée que l’autorité européenne nous imposait de réaliser des formations très pratiques avant la mise en service de l’avion. »


Pour pallier à cet imprévu logistique, l’équipe Air France industrie a développé un large catalogue de programmes en réalité virtuelle pour permettre à son personnel d’expérimenter des simulations de maintenance, et de se familiariser avec les fonctionnalités de l’appareil. À l’instar d’Air France, le groupe Schneider Electric a également tiré parti de la VR dans le cadre de la formation de ses collaborateurs, sur des tâches d’exploitation. « Nous utilisons la VR depuis plusieurs années, dans un contexte business très précis et très opérationnel », explique Paul-Henry Fallourd, qui dirige la Learning Strategy et l’Université du groupe Schneider Electric. « Nos programmes couvrent la sécurité - notamment former des techniciens aux bons gestes à adopter pendant une installation - mais aussi la formation aux interventions de maintenance et la visite d’usines.» La réalité virtuelle se distingue sur ce cas d’usage de plusieurs manières:

  • Il est possible de former des collaborateurs à des gestes de sécurité de manière concrète, en les mettant en situation, mais sans les soumettre à un risque ou un danger.

  • La reconstitution de sites industriels en VR permet d’éviter de mobiliser des collaborateurs (et du budget additionnel) pour les faire se rendre sur place.


Créer des environnements plus performants que le réel


La réalité virtuelle ouvre un vaste champ des possibles en permettant de reconstituer des environnements dont chaque paramètre est contrôlé et peut être ajusté en temps réel, en fonction des besoins de l’apprenant.


Certains y voient même l’opportunité d’aller plus loin, et de concevoir des environnements de toutes pièces, qui seraient difficiles, coûteux, voire même impossibles à réaliser dans la réalité. C’est le cas des programmes conçus par l’équipe d’Alexandre Chiriac, responsable du service Digital Learning et Innovation pour le personnel navigant d’Air France. Bien que les modules proposés aux pilotes ainsi qu’au personnel navigant commercial ont été initialement conçus dans un double objectif : offrir aux apprenants une solution souple et adaptative (ATAWAD : any time, any where, any device) mais aussi un souci d’économie (le coût d’immobilisation d’un pilote au sol et le coût d’un simulateur de vol étant extrêmement élevés).


Puis, Alexandre et ses équipes ont rapidement fait évoluer les formations en créant des environnements et des situations difficiles à reproduire dans le “réel” : un début d’incendie dans la zone de repos de l’avion, une fuite dans les toilettes pendant un vol, un amerrissage… Des situations somme toute peu souhaitables mais auxquelles le personnel se doit de savoir faire face ! L’expérience est d’autant plus marquante que, outre le casque créant une immersion «visuelle», l’apprenant est équipé de manettes utilisant la technologie haptique, et permettant une expérience sensorielle très complète dans l’environnement virtuel.


Au-delà des considérations d’économie dans le déploiement des programmes et de formation à l’échelle que permet la réalité virtuelle, on observe aussi sur le marché des initiatives plutôt réussies d’onboarding des collaborateurs ou de marque employeur à des visées de recrutement. Dans le cas de l’onboarding par exemple, le cabinet d’audit PwC utilise la VR pour faire découvrir à ses futurs collaborateurs son campus à Neuilly  : deux jeunes consultants jouent le rôle de guides, leur permettant de découvrir la qualité des installations, de se promener dans chaque département, et de rencontrer les équipes “virtualisées” qui présentent leurs activités. Une belle manière de s’imprégner de l’état d’esprit des collaborateurs.


Cet article est apparu initialement dans la cinquième édition du MagRH : https://www.reconquete-rh.org/MagRH5.pdf



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