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PortraitsVR - Rémy Pruniaux, Head of Open Innovation du groupe SNCF

En Mars 2019, Rémy Pruniaux, Head of Open Innovation du groupe SNCF, ainsi que Frank Doute, Manager du Fab AR VR SNCF, se sont alliés pour lancer un projet ambitieux en interne : celui de la constitution d’un catalogue de programmes de formation aux soft skills en Réalité Virtuelle et en Réalité Augmentée, mis à disposition de l’ensemble des différents acteurs et métiers du groupe.


Pour mener ce projet à bien, l’équipe s’est associée à Antilogy, qui a apporté à la fois conseils sur les contenus appropriés à sélectionner, mais également soutien à la mise en place et au déploiement opérationnel du catalogue au sein du groupe. Officiellement mis à disposition des collaborateurs en Juin, la première consolidation des retours d’expérience des équipes de Rémy et de Frank est attendue pour Octobre.


Pour mieux comprendre les enjeux liés à la création d’un catalogue de formation en Réalité Virtuelle du point de vue d’un grand groupe, Le Pavillon a interrogé Rémy Pruniaux sur ses premiers retours vis-à-vis du projet, de sa genèse jusqu’à la phase de déploiement.


Débuts du projet : l’AR/VR au service du ‘future of work’


“Historiquement, la Direction du Digital de la SNCF comportait quatre “Fab” (des centres d’expertise), sur les sujets du Design, du Big Data, de l’IoT et de l’open innovation Certains sont cependant partis en “run” car nous étions largement montés en compétences sur les sujets traités - ils ont donc arrêté d’appartenir à notre entité. Dans ce cadre, nous avons recherché et exploré d’autres thématiques, dont quatre ont été retenues : la blockchain, le conversationnel, la cartographie, et l’AR/VR”, explique Rémy. “Dans ce cadre, Frank, qui fait partie de l’équipe contrôle de gestion à la Direction du Digital, est venu me voir pour me proposer d’avancer ensemble sur le sujet de l’AR/VR au service du ‘future of work’.


À l’origine du projet donc, une volonté . Frank et Rémy visitent de nombreux salons, découvrent l’écosystème et ses acteurs, et rencontrent Antilogy (la startup à l’origine du Pavillon). “Très vite, une discussion autour du sujet des soft skills a émergé, et nous avons réalisé qu’il existait déjà des programmes sur l’étagère que nous pouvions tester. Nous ne voulions cependant pas passer en direct avec les créateurs, car ils ont des modèles économiques différents, et cela aurait induit trop de complexité dès le début. Antilogy s’est positionné comme un tiers de confiance et un coordinateur, qui traitait et centralisait pour nous la relation avec chaque créateur, en assurant la négociation et l’homogénéisation des standards de qualité de chaque formation.”


Une équipe transversale d’évangélisateurs de la Réalité Virtuelle


“Nous avons créé une équipe transversale de collaborateurs qui ne sont pas à temps plein sur le projet, mais y contribuent en fonction du temps qu’ils peuvent y allouer. L’équipe compte désormais 7 personnes sur l’ensemble des sujets AR / VR ”, précise Rémy.


La raison derrière cette organisation? Rester agiles et se limiter au lancement de projet, à la conception en amont des produits, qui seront ensuite mis au service du groupe pour être utilisés de manière autonome. “Nous nous occupons de construire les briques initiales des produits, comme les plateformes 3D, les guidelines d’usage, les partenariats.... Nous ne voulons pas devenir une entité à part entière”. Le rôle du Fab est plutôt de travailler à accompagner la diffusion des produits conçus pour le groupe.


Sur le sujet de la Réalité Virtuelle et de la Réalité Augmentée, nous travaillons sur deux niveaux pour encourager l’adoption en interne :

  • Celui de l’acculturation : “L’idée est de faire découvrir et comprendre les bénéfices des technologies immersives aux collaborateurs. Nous avons par exemple eu l’occasion de faire découvrir des formations en VR à notre COMEX et à Guillaume Pépy. Pour ce type d’initiation, les soft skills sont un excellent produit d’appel.”

  • Celui du test et du déploiement : “Il y a dans le groupe des entités qui sont déjà en phase de test, et notre rôle est de les aider avec les choix de formations. Ils ont déjà identifié des besoins relatifs aux métiers, auxquels nous les aidons à répondre en piochant dans le catalogue de thématiques transversales que nous avons conçu.”


Le test de la première version du catalogue est conduit au sein du groupe, à l’aide d’une flotte d’une dizaine d’Oculus Go, pendant 4 mois, pour valider l’intérêt pressenti par Rémy & Frank de capitaliser sur les bénéfices du média VR.


“Actuellement, nous pilotons l’initiative du côté Fab, en mettant les Oculus Go à disposition à la demande des métiers. Nous nous appuyons largement sur eSNCF, l’École du Numérique (notre école interne) et SNCF au féminin pour accompagner la diffusion, qui est l’un de nos gros enjeux. Le second est notre capacité à former les formateurs, pour qu’ils puissent déployer les programmes en local de manière autonome.”


Des premiers résultats positifs


“J’étais à Lille la semaine dernière, pour un cas d’usage intéressant : la Directrice voulait que les collaborateurs s’entraînent au pitch en Réalité Virtuelle pour leurs entretiens de mobilité. Ce type de cas concrets permet de tester, s’acculturer”, partage Rémy. “Pour l’instant, nous avons de très bons retours ! Nous avons créé une solution simple qui suscite la curiosité, les gens se prennent au jeu et cela fait complètement évoluer leur perception de la Réalité Virtuelle : ils réalisent qu’elle ne se limite pas à l’univers des jeux vidéo.”


Après avoir présélectionné une cinquantaine de programmes avec Antilogy, les équipes du Fab les ont fait tester aux métiers et à l’école du numérique pour restreindre la sélection finale à une dizaine de formations, qui couvrent des sujets variés :

  • Gestion du stress

  • Entraînement au pitch

  • Cybersécurité (IT bonnes pratiques etc)

  • Gestion de projet agile

  • ...


La vision de Rémy et de Frank derrière cette première version du catalogue : itérer tous les quatre mois en renouvelant les formations disponibles. “Nous avons pour ambition de créer un ‘Netflix de la VR’, pour faire un effet d’appel à chaque nouvelle mise à jour du catalogue”, s’amuse Rémy. Chaque version permettra au groupe d’explorer des thématiques variées. “La deuxième version sur laquelle nous travaillons actuellement porte plus sur les sujets managériaux, comme l’entraînement à l’entretien annuel, à la négociation commerciale, au leadership, …”.


Les enjeux à prendre en compte pour la création d’un catalogue VR


Lorsqu’il est interrogé sur les principaux enjeux liés à ce projet, Rémy partage son expérience : “L’enjeu n’est pas tant la diffusion des programmes, mais leur inscription dans un parcours pédagogique plus global. Nous avons également besoin de fournir un gros travail pour convaincre les formateurs d’utiliser ce nouvel outil, car ils peuvent être parfois un peu réticent et certains ont peur que la Réalité Virtuelle vienne les remplacer ! Il faut donc leur montrer que c’est en réalité une brique qui peut être utilisée pour enrichir leur métier, par exemple sous forme d’un ice-breaker, ou d’un module pour aider à ancrer les apprentissages après une mise en situation”, explique Rémy.


Les plus grosses difficultés et surprises rencontrées tout au long du projet sont également parfois inattendues : selon Rémy, “Il faut bien avouer qu’il faut tout d’abord faire le choix volontaire de plonger dans l’inconnu : personne n’a encore développé de catalogue comme celui que nous avons conçu - il faut donc savoir prendre le risque, être convaincant, humble, et ne pas fixer des attentes trop élevées… On a la chance d’avoir un groupe bienveillant qui a soutenu cette initiative, mais il faut toujours garder en tête que c’est risque que l’on prend au début.”


La seconde difficulté rencontrée tient plus de la jeunesse du marché de la Réalité Virtuelle. “Nous avions des appréhensions à l’idée de devoir adresser le marché, qui est pas encore très structuré ni clair sur le sujet : chaque créateur exige différents modes d’achat, de paiement, … Mais la partie contractuelle ayant été gérée par Antilogy, cette phase a été largement simplifiée.”


“Un autre élément que nous n’avions pas anticipé et qui nous a causé des sueurs froides, c’est la gestion de flotte ! C’est nous qui la gérons et qui répondons aux demandes des entités, il faut donc faire des arbitrages, décider où envoyer les équipements, à qui, comment réaliser les mises à jour, ne pas perdre quoi que ce soit - c’est parfois complexe !”, observe Rémy.


Enfin, l’IoT et la 5G sont attendus avec impatience pour permettre aux applications de fonctionner de manière encore plus performante.


Consolidation de la communauté d’utilisateurs au sein du Groupe


“Notre sujet principal avec le Fab est d’aligner tout le monde : notre valeur, c’est de proposer des assets communs pour toutes les entités du groupe. Nous avons donc ce rôle très transversal de conseil, d’orientation plutôt que de ‘doers’ - nous conseillons bien plus que nous ne faisons”, rappelle Rémy. À ce titre, le Fab se repose sur des partenariats en interne pour assurer la diffusion des contenus et le recrutement de nouveaux utilisateurs et adeptes au sein du groupe. Ainsi, chaque entité comporte des Digital Champions, qui ont chacun leur feuille de route en termes de transformation digitale du groupe. Le Fab discute aussi avec les entités de formation du groupe, pour les sensibiliser aux opportunités de la Réalité Virtuelle et mettre à leur disposition l’ensemble des programmes. “Ensuite, l’adoption et la diffusion au niveau local tient beaucoup à chaque personne responsable, et à sa capacité à voir les opportunités et à faire preuve de curiosité.”


Rémy conclut “Ce projet est vraiment parti d’une idée, qui a trouvé son public, ce dont nous sommes ravis. Mais il nous reste beaucoup à faire, et nous apprenons en avançant !”

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